06/09/17/Actualités/Un monde de légende/YAWAR PAMPA/TIERRAS DE SANGRE/Edgar W. Sandoral Yugar/Chap. 14 : « Los condenados »/anasillage…

logo fond noir petit Anasillage, Mille Routes et Ricochets vous convie dans un monde de légende ténébreux qui raconte la terre et nous immerge avec délice dans la cosmogonie andine. Yawar Pampa : la découverte d’une transmission orale de la tradition par une grand-mère à son petit-fils. Yawar Pampa de l’auteur brésilien Edgar W. Sandoval Yugar : chapitre 14 : « Los condenados», « Les condamnés »…

Le terme Yawar Pampa ou » plaine de sang » fait référence à la ville maudite et à son peuple maudit décrit dans ce recueil de légendes. Au texte original suit une traduction en italique dont vous pardonnerez l’approximation. 

Chapitres précédents : 1/J+33 ; 2/J+38 ; 3/J+41 ; 4/J+45 ; 5/J+51 ; 6/J+55 ; 7/8 août ; 8/12 août ; 9/15 août ; 10/17 août ; 11/22 août ; 12/29 août ; 13/3 septembre.

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Chapitre 14 : « Los condenados » : « Les condamnés ».

A la mañana siguiente no pude soportar más la situación en la que me encontraba y decidí pedir consejo a la persona que parecía saber más sobre aquel lugar : el yatiri don Genaro.

Le lendemain suivant je ne pouvais plus supporter la situation dans laquelle j’étais et je décidais de demander conseil à la personne qui semblait en savoir plus sur cet endroit : le yatiri (chef du village ) Don Genaro.

Atravesé el pueblo en dirección de su casa, no sin temblar un poco antes de pasar por la iglesia. Al llegar tuve un estremecimiento, la choza del yatiri era algo pavorosa pero no sabría expresar por qué.

Je traversais le village dans la direction de sa maison, non sans trembler un peu avant de traverser l’église. Quand j’arrivais, j’eus un frisson, la cabane du yatiri était un peu effrayante, mais je ne pouvais pas dire pourquoi.

Don Genaro salió antes de que siquiera tocara la puerta, como si supiera que me encontraba allí, y me preguntó sobre las intenciones de mi visita. Respondí sin pelos en la lengua que la situación de la gente allí era insoportable. Le dije que él parecía saber algo más de lo que decía y que era necesario que nos indicara cómo hacer para salir de allí, a lo que el rio fuertemente.

– Ja ja ja, piensas que sé más que tú? Acaso crees que mi destino es diferente del tuyo? Eres un tonto…

– Usted es un yatiri, debe saber algo -respondí.

– No, no sé nada, pero hay otros que pueden saber. -Dijo con enigmática mirada.

– Quién podría saber algo sobre cómo salir de este pueblo maldito?

– Los de abajo -respondió.

– Pero cómo voy a preguntarles a ellos, si no se comunican con nosotros, solo nos matan?

– Hay uno que puede contestar algunas de tus preguntas… si sabes cómo preguntar.

– Quién?

– Anselmo -respondió secamente.

– Anselmo? pero Anselmo está muerto. -Dije agitando las manos.

– Sí, está muerto, pero ahora es un condenado. Se llevaron su alma y está condenado a matar a los vivos que no son previsores, pero si sobrevives puedes conversar con él por un rato.

– Cómo? -pregunté.

– Ve a un cruce de camino en la mala hora, descansa allí. Con suerte será Anselmo el que aparezca.

– Cómo sobrevivo?

– Lleva mote, charque y no seas ambicioso -me dijo mientras se volvía entrando a su casa.

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<img src= »p1020290.jpg » alt= »lamas, alpagas, dunes, village, d’Uyuni à Potosi, Bolivie » />

Don Genaro sortit avant que ne frappe à la porte, comme s’il savait que j’étais là, il me demanda les intentions de ma visite. Je lui répondais sans poils à la langue que la situation des gens était insupportable. Je lui dis qu’il savait quelque chose de plus et qu’il fallait qu’il nous dise comment sortir de là, à quoi il rit fortement.

– Ha ha ha, vous pensez que j’en sais plus que vous? Pensez-vous que mon destin est différent du vôtre? Vous êtes un imbécile.

– Tu es un yatiri, tu dois savoir quelque chose », dis-je.

– Non, je ne sais rien, mais d’autres peuvent le savoir. Il le dit avec des yeux énigmatiques.

– Qui pourrait savoir quelque chose sur la façon de sortir de cette ville maudite?

– Ceux du dessous, dit-il.

– Mais comment vais-je leur demander, ils ne communiquent pas avec nous, ils nous tuent?

– Il y en a une qui peut répondre à certaines de vos questions… si vous savez comment le lui demander.

– Qui?

– Anselmo, dit-il sèchement.

– Anselmo? Mais Anselmo est mort. -J’ai dit en lui serrant les mains.

– Oui, il est mort, mais certainement, c’est un condenado (condamné). Ils ont pris son âme et il est condamné à tuer les vivants qui ne sont pas prévisibles, mais si vous survivez, vous pouvez lui parler pendant un moment.

– Comment? -j’ai demandé.

– allez à un carrefour à la mauvaise heure, reste y. Avec de la chance, Anselmo apparaîtra.

– Comment survivre?

– Prenez le mote (boeuf cuit), la charque (viande salée) et ne soyez pas ambitieux, a-t-il déclaré en rentrant dans sa maison.

« Mote y charque, pensé… « descansar a media noche en un cruce de camino y no ser ambicioso ». No sabía qué significaban estas palabras, pero si era la única manera de averiguar algo sobre cómo salir de este pueblo valía la pena.

« Mote et charque, pensais-je…  » se reposer à minuit à un carrefour et ne pas être ambitieux ». Je ne savais pas ce que signifiaient ces mots, mais si c’était le seul moyen de savoir comment sortir de ce village cela valait la peine.

Después del trabajo preparé charque, mote, y los puse en una chuspa que se encontraba en la cocina para esos menesteres. Pero no fue solo esto lo que preparé, pues llevé mis consabidas armas, una waraka improvisada con cuero de llama y el viejo cuchillo.

Après le travail, je préparais la charque et le mote, et je les mettais dans une chuspa (sac de femme) qui était dans la cuisine à cet effet. Mais ce n’était pas seulement ce que je préparais, car je portais mes armes habituelles, une waraka (fronde) improvisée avec du cuir de lama et le vieux couteau.

Pensé que tal vez el sonido producido por los seres del Mancaj Pacha podía hipnotizar a los seres vivos, así que llevé una precaución extra : tapones para los oídos hechos de lana apelmazada de llama.

Je pensais que peut-être le son produit par les êtres du Mancaj Pacha (Monde de dessous)pourrait hypnotiser les êtres vivants, alors je pris une précaution supplémentaire : des bouchons d’oreille en laine de lama.

Salí de cas aproximadamente a las once de la noche buscando un cruce de caminos, pero me di cuenta de que solo había un camino en Yawar Pampa, y era la única calle que atravesaba el pueblo. Maldije a don Genaro y quise ir inmediatamente a increparlo por haberme engañado, pero al llegar a la iglesia me di cuenta de que los pasos de la gente en las procesiones había formado una vía que cruzaba con el camino principal. Era un cruce de caminos, pero se encontraba al lado de aquella iglesia que me causaba un temor incontrolable tan solo de verla, y la noche aumentaba esa sensación.

Je sortais vers onze heures du soir à la recherche d’un carrefour, mais je remarquais qu’il n’y avait qu’une seule route qui traversait la ville. Je maudis Don Genaro et je voulais aller tout de suite l’engueuler, mais quand j’arrivais à l’église je me rendais compte que les pas des gens dans les processions avaient tracé un chemin qui traversait la route principale. C’était un carrefour, mais c’était à côté de cette église qui m’avait causé une peur incontrôlable juste pour la voir, et la nuit augmentait cette sensation.

Ya pensaba en desistir de la empresa cuando la conciencia me remordió al recordar al bebe anciano que no pude salvar. Saqué fuerzas de flaqueza y me senté en una piedra al borde del camino. Puse todas las armas a la mano, la chuspa al cuello y esperé.

Je pensais abandonner l’entreprise quand ma conscience me remémora le vieux bébé que je n’avais pu sauver. Je puisais des forces de cette faiblesse et je m’asseyais sur une pierre à côté de la route. Je mettais toutes les armes dans la main, la chuspa au cou et j’attendais.

Perdí la noción del tiempo y pensé que el condenado nunca llegaría, hasta que sentí un grito lastimero que parecía provenir de ultratumba. Tomé el palo con una mano, una piedra con la otra y me puse en guardia. Esperé alerta mientras un estado alterado de la realidad se apoderaba de mí, que solo podría describir como un exacerbamiento de los sentidos. Me parecía que podía oír la marcha de las hormigas en el suelo, sentir la más mínima brisa, ver el menor movimiento en la total oscuridad.

Je perdais la réalité du temps et je pensais que les damnés ne viendraient jamais, jusqu’à ce que je ressente un cri pitoyable qui semblait venir d’au-delà de la tombe. Je prenais le bâton d’une main, une pierre dans l’autre et je me mettais en garde. J’attendais attentif, alors qu’un état de réalité altéré me prenait, ce que je ne pouvais décrire que comme une exacerbation des sens. il me semblait pouvoir entendre la marche des fourmis sur le sol, sentir la moindre brise, voir le moindre mouvement dans l’obscurité totale.

El lastimero grito del alma en pena se hizo escuchar cada vez más fuerte, hasta que pude divisar el origen. Era Anselmo, estaba desnudo, con la piel seca pegada a los huesos, la boca y ojos convertidos en cavernas, la cara demacrada como nunca. Gritaba con desesperación acercándose lentamente, con un andar cansado por el paso de los siglos. Cuando estuvo cerca se detuvo.

– Dame charque -dijo con una voz que solo podía ser la de un muerto.

Le cri pitoyable de l’âme dans la douleur devenait de plus en plus fort jusqu’à ce que je puisse voir la source. C’était Anselmo, il était nu, avec la peau sèche collée à ses os, sa bouche et ses yeux étaient devenus des cavernes, son visage émacié comme jamais auparavant. Il criait désespérément, s’approchant lentement, avec un pas fatigué par des siècles. Quand il fut prêt, il s’arrêta.

– Donne-moi le charque -dit-il d’une voix qui ne pouvait être que celle d’un homme mort.

Le entregué el mote de la misma manera que hice con el charque.

« Bien » respondió, acto seguido colocó el charque en la caverna de su boca y de este hizo su lengua. Colocó el mote en sus encías como dientes y solo entonces cambió el tono de sus voz, aunque no a uno menos tenebroso.

Je le lui donnais le mote de la même manière que je le faisais avec la charque.

« Eh bien », répondit-il, en plaçant le charque dans le creux de sa bouche et sur sa langue. Il plaça le mote sur ses gencives comme sur des dents et le ton de sa voix changea, mais pas de manière moins sombre.

« Escoge un premio » dijo, presentándome en una mano un poco de lana de oveja, en la otra un pedazo de mineral de hierro. Al ver el mineral me brillaron los ojos pensando en las herramientas que se podrían fabricar con él, pero recordé a don Genaro y su consejo sobre la ambición. Escogí la lana.

– Has escogido bien – me respondió- ahora dime qué quieres saber. No tengo mucho tiempo antes de volver a mi condena.

– Cómo puedo salir de este maldito pueblo?

– El camino de entrada y salida están entrelazados en el espacio y en el tiempo, es imposible salir por allí, pero hay otras puertas, pues ninguna cárcel es totalmente inexpugnable.

– Por dónde puedo salir? -pregunté esperanzado.

– Por el lago, el salar, las montañas y la pampa, esas son las salidas, pero hay guardianes poderosos.

– No importa -dije- saldré como sea de este pueblo. Me prepararé, saldré, y llevaré a todos conmigo.

« Choisis, dit-il, me présentant une petite laine de mouton d’une main, de l’autre un morceau de minéral de fer. Quand je vis le mineral mes yeux brillèrent, en pensant aux outils qui pouvaient être fabriqués, mais je me souvenais de Don Genaro et de ses conseils sur l’ambition. Je choisis la laine.

– « Tu as bien choisi, dit-il, dis-moi maintenant ce que tu veux savoir. Je n’ai pas beaucoup de temps avant de revenir à mon sort.

– Comment puis-je sortir de cette ville maudite?

– La façon d’entrer et de sortir est entrelacée dans l’espace et le temps, il est impossible de sortir, mais il y a d’autres portes, car aucune prison n’est totalement 

– Où puis-je sortir? Je lui demandais avec espoir.

– Au bord du lac, du salar, des montagnes et de la pampa, ce sont les sorties, mais il existe des gardiens puissants.

« Ce n’est pas grave » -dis-je, « Je vais partir de ce peuple. Je vais me préparer, je vais sortir et je vais prendre tout le monde avec moi.

« Morirás » respondió mientras que un ser invisible to tomaba violentamente por la cintura, jalándolo hacia la oscuridad. En menos de un parpadeo se perdió para siempre en la noche infinita, pero volví a casa con exultante determinación y por primera vez desde que llegué a ese perverso lugar dormí en paz.

« Tu mourras », répondit-il, alors qu’un être invisible le prenait par la taille en le tirant dans l’obscurité. En moins d’un clin d’oeil il se perdit pour toujours dans la nuit infinie, mais je rentrais chez moi avec une détermination exultante, et pour la première fois depuis que j’étais arrivé dans ce lieu pervers je dormais en paix.

À suivre chapitre 15 : « El Khari-Khari » : « Le nain malin »

logo fond noir petit Brigitte Crespo

 

 

 

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