03/09/17/Actualités/Un monde de légende/YAWAR PAMPA/TIERRAS DE SANGRE/Edgar W. Sandoral Yugar/Chap. 13 : « El Lari-Lari »/anasillage.

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logo fond noir petit Anasillage, Mille Routes et Ricochets vous convie dans un monde de légende ténébreux qui raconte la terre et nous immerge avec délice dans la cosmogonie andine. Yawar Pampa : la découverte d’une transmission orale de la tradition par une grand-mère à son petit-fils. Yawar Pampa de l’auteur brésilien Edgar W. Sandoval Yugar : chapitre 13 : « El lari-Lari», « Le chat démoniaque »…

Le terme Yawar Pampa ou » plaine de sang » fait référence à la ville maudite et à son peuple maudit décrit dans ce recueil de légendes. Au texte original suit une traduction en italique dont vous pardonnerez l’approximation. 

Chapitres précédents : 1/J+33 ; 2/J+38 ; 3/J+41 ; 4/J+45 ; 5/J+51 ; 6/J+55 ; 7/8 août ; 8/12 août ; 9/15 août ; 10/17 août ; 11/22 août ; 12/29 août.

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Chapitre 13 : « El Lari-lari », « Le chat démoniaque ».

En cuanto la población se enteró de la muerte del jilakata entraron en pánico. Nadie sabía qué hacer, pues Anselmo tomaba todas las decisiones importantes y su desaparición generó un estado de anarquía. El único que parecía conservar la calma era Genaro, observándolo todo con esa tenebrosa mirada que tanto me atemorizaba.

Dès que la population apprit la mort du jilakata (chef du village) elle paniqua. Personne ne savait quoi faire, Anselmo avait pris toutes les décisions importantes et sa disparition avait généré un état d’anarchie. Le seul qui semblait rester calme c’était Genaro, il observait tout le monde avec ce regard sombre qui me faisait peur.

Algunos aldeanos empezaron a culparme por lo sucedido diciendo que mi llegada coincidía con las matanzas de los seres del Mancaj Pacha, pero don Genaro los tranquilizó diciendo que era una estupidez pensar que los males eran culpa de una sola persona, pues todo el pueblo estaba maldito.

– Ese es su destino : -les dijo- sufrir y morir…

Certains villageois commencèrent à me blâmer pour ce qui s’était passé, en disant que mon arrivée coïncidait avec les massacres des êtres Mancaj Pacha (monde de dessous), mais Don Genaro les rassura en disant qu’il était stupide de penser que les maux étaient la faute d’une personne car tout le village était maudit.

– Cela est son destin : -il dit- souffrir et mourir…

A esta sentencia todos se santiguaban, pero me pareció que fue el yatiri en sí y no sus palabras lo que les infundió el extraño y oscuro miedo que los hizo retirarse a sus casas.

À ces mots tous se sentirent visés, mais il me sembla que c’était le yatiri (chaman) lui-même et ses paroles qui donnèrent une peur étrange et sombre qui les firent rentrer chez eux.

Me sentía culpable por la muerte del jilakata, asi que pensé hacer algo para redimirme ; intenté exhortar a la población a retomar las actividades cotidianas, intenté convencerlos de trabajar nuevamente. Incluso fui de casa en casa convenciéndolos de que la actividad sería lo mejor para todos.

Je me sentais coupable de la mort du jilakata, alors je pensais qu’il fallait faire quelque chose pour me racheter ; j’essayais d’exhorter la population à retourner à ses activités quotidiennes, j’essayais de convaincre tous les villageois de travailler à nouveau. J’allais même d’une maison à l’autre les convainquant que l’activité serait préférable pour tous.

Tanto insistí que con el tiempo logré mi cometido, y poco a poco, comencé a organizar las cuestiones referentes al trabajo y los deberes de cada uno. La población pareció aceptar sin muchos reparos mi tácito liderazgo, pues nadie deseaba incluir a sus sufrimientos la responsabilidad de todo un pueblo. A pesar del trabajo extra me sentí renovado, con un propósito nuevamente. Tan solo don Genaro parecía molesto, pues en cuanto vio marchar bien las cosas se recluyó en su alejada casa, más allá de la iglesia.

J’insistais tant pour cela qu’avec le temps, peu à peu, je commençais à organiser les questions référant au travail et les devoirs de chacun. Les gens semblaient accepter sans trop d’inquiétudes mon leadership de façon tacite, car personne ne voulait ajouter à ses souffrances la responsabilité de tout un peuple. Malgré le travail supplémentaire je me sentais neuf, avec un but nouveau. Seul Don Genaro semblait agacé, car dès qu’il vit les choses, il s’isola dans sa maison éloignée, au-delà de l’église.

Pasó un tiempo, las cosas parecieron comenzar a funcionar con la salvedad de nuestros tormentos diarios : las garrapatas gigantes, la mala hierba y alguna que otra incursión de los anchanchus. Lo importante es que nadie moría.

Après un certain temps, les choses semblèrent fonctionner avec une exception celle de nos tourments quotidiens : tiques géantes, mauvaises herbes et incursions occasionnelles de l’anchanchus (esprit follet). L’important était que personne ne meure.

Todo pareció retomar su curso hasta el fatídico día en que la única mujer sobreviviente del pueblo llegó a mi puerta. Se llamaba Liuca y parecía provenir de una época antigua e inmemorial, según se podíóa juzgar por sus vestimentas, las cuales imaginé ser de los primeros tiempos de la colonización. Venía con un bulto en brazos, al que cuidaba con recelo.

– Tengo que hablar con usted joven.

– Digame Doña Liuca, qué es lo que desea?

– Es algo muy grava -dijo- hace mucho tiempo que lo he ocultado, pero ya no puedo más.

– Qué es lo que la aflige?

Tout semblait reprendre son cours jusqu’au jour fatidique où la seule survivante de la ville est venu frapper à ma porte. On l’appelait Liuca et elle paraissait provenir d’une époque ancienne et immémoriale, à en juger par ses vêtements que j’imaginais du temps de la colonisation. Elle venait avec un paquet sous son bras, qu’elle prenait soin de dissimuler.

– Je dois vous parler, jeune.

– Dis-moi, Dame Liuca, que veux-tu?

– « C’est très grave -dit-elle- je l’ai caché depuis longtemps, mais je ne peux continuer.

– Qu’est-ce qui t’afflige?

Destapó el bulto y pude ve con sorpresa a un bebé de unos seis meses en sus brazos.

– Doña Liuca, cómo ha llegado este niño a su poder?

– Es mi wawa -me dijo- llegó conmigo hace dos siglos envuelto en mi awayo, por eso no lo vieron. Aqui nadie entra en tu casa si no hay motivo, eso ayudó a ocultarlo de la vista de los de abajo.

Elle débala le paquet et je pus voir avec surprise un bébé d’environ six mois dans ses bras.

– Dame Liuca, comment cet enfant est-il en votre possession?

– « C’est mon wawa (bébé) -me dit-elle- il est arrivé avec moi il y a deux siècles, enveloppé dans mon aguayo (tissu coloré à bandes typique), c’est pourquoi personne ne l’a vu. Personne ne rentre dans votre maison sans motif, cela aidera à le cacher à la vue de ceux du monde de dessous.

Él bebe aparentaba no tener más de seis meses, pero su mirada era la de un anciano, pues no lloraba, tan solo miraba con tristeza.

– Y por qué me lo muestras ahora? – cuestioné mirándola fijamente.

– Es que creo que los de abajo lo han visto o sentido.

– Por qué crees eso?

– es que he escuchado a un lari-lari maullando por mi casa estos últimos días.

Le bébé paraissait n’avoir pas plus de six mois, mais son regard était celui d’un vieil homme, il ne pleurait pas mais avait l’air seulement triste.

– Et pourquoi me le montrez-vous? – je lui demandais la regardant fixement.

– C’est parce que je pense que ceux du monde du bas l’ont vu ou senti.

– Pourquoi pensez-vous cela?

– C’est parce que j’ai entendu un lari-lari (chat démoniaque) miauler dans ma maison ces derniers jours.

Nunca antes vinieron porque seguramente pensaban que no tenía niños pequeños, pero hace dos días saqué por primera vez a mí bebe al patio, y creo que lo vieron, porque esa misma noche comenzó a maullar el lari-lari.

– Bueno doña Liuca, no te preocupes tanto, ha de ser un gato solamente.

– Pero joven, vos debes saber que aquí no hay gatos, lo que maúlla es el lari-lari – me dijo desesperada.

– Bueno Doña Liuca, tranquilízate, esta noche voy a llamar a los hombres para vigilar tu casa.

– NO. Usted nomás joven, por favor.

– Está bien, no te asustes, esta noche vigilaremos a tu bebe.

– Gracias joven, mil gracias…

Jamais avant ils ne sont venus car ils pensaient que je n’avais pas de bébés, mais il y a deux jours j’ai pris mon bébé dans le patio pour la première fois, et je crois l’avoir vu, parce que ce soir-là le lari-lari a commencé à miauler.

– Eh bien, Dame Liuca, ne t’inquiète pas, cette nuit je vais appeler les hommes pour surveiller ta maison.

– Mais, jeune homme, vous devez savoir qu’il n’y a pas de chat ici, celui qui miaule est le lari-lari – me dit-elle, désespérée.

– Eh bien, Dame Liuca, calmez-vous, je vais appeler les hommes ce soir pour garder un oeil sur votre maison.

– NON. Vous êtes jeune, s’il vous plaît…

– D’accord, ne soyez pas effrayée, nous surveillerons ton bébé ce soir.

– Merci, jeune, merci…

Se marchó mientras yo me quedaba pensativo sobre cómo actuar ante aquella situación. El maullido podía provenir de un simple gato, pero estas tierras malditas demostraron inúmeras veces cuna de seres infernales.

Elle partit me laissant pensif sur la façon d’agir dans cette situation. Le miaulement pouvait provenir d’un simple chat, mais ces terres maudites étaient le berceau d’innombrables êtres infernaux.

Decidí ir esa noche armado con un cuchillo, y si era un gato normal calmaría las preocupaciones de Liuca, si era algo más, estaría preparado.

Je décidais d’aller cette nuit-là armé d’un couteau, si c’était un chat normal je calmerais les inquiétudes de Liuca, s’il en était autrement je serais prêt.

Al oscurecer fui en dirección de la casa de Doña Liuca. Estaba armado con un palo, piedras y el cuchillo. Inexplicablemente no tenía miedo, pero en el fondo de mi ser sabía que algo sucedería.

Au crépuscule j’allais en direction de la maison de Dame Liuca. J’étais armé d’un bâton, de pierres et d’un couteau. Inexplicablement je n’avais pas peur, mais au fond de mon être je savais que quelque chose se passerait.

Analizando mejor la cuestión, me di cuenta de que no tenía miedo porque yo no corría ningún peligro, el que corría peligro era él bebe. Esta idea me hizo sentir como a un ser despreciable, pero luego pensé que podría salvar al bebe anciano y limpiar así mi conciencia.

En analysant mieux la question, je me rendais compte que je n’avais pas peur parce que je n’étais pas en danger, celui qui était en danger c’était le bébé. Cette idée me faisait sentir comme un être méprisant, mais je pensais pouvoir sauver le vieux bébé et effacer ainsi ma conscience.

Llegué a casa de Doña Liuca y la encontré bien preparada. Tenía palos con clavos, piedras de varios tamaños y una waraka, además de un largo cuchillo de carnicera. Nos sentamos a esperar frente al bebe, quien se encontraba echado en el camastro de Doña LIuca. El niño no dormía, estaba despierto, vigilando atentamente con nosotros.

J’arrivais à la maison de Dame Liuca et je la trouvais bien préparée. Elle avait des bâtons avec des clous, des pierres de différentes tailles et una waraka (fronde faite de laine de lama), plus un couteau de charcutier. Nous nous sommes assis pour attendre devant le bébé qui était allongé sur le lit de Dame Liuca. L’enfant ne dormait pas, il était réveillé et nous regardait attentivement.

Transcurrido algún tiempo llegó la mala hora y sentimos el maullido del lari-lari, primero apagado y lejano pero firme y constante. A medida que se acercaba se podía notar que no era el maullido de un gato normal, era un maullido angustiante y horrendo. Era como si un gato estuviese maullando en agonía, pero que al mismo tiempo estuviese furioso y maldiciendo con sus últimas fuerzas a su destino malhadado. Parecía que con sus maullidos maldijese al mismísimo Dios, y era el sonido más terrible que he escuchado nunca.

Après un certain temps, l’heure terrible est arrivée et nous avons entendu le miaulement du lari-lari, tout d’abord loin mais ferme et constant. Comme il approchait on pouvait remarquer que ce n’était pas le miaulement d’un chat normal, c’était un miaulement faible, affligeant et horrible. C’était comme si un chat miaulait d’agonie, mais en même temps il était furieux et mauvais malgré ses dernières forces et son sort malheureux. Il semblait qu’avec ses miaulement il maudissait Dieu lui-même, c’était le son le plus terrible que j’avais jamais entendu. 

En determinado momento, cuando el lari-lari ya estaba muy cerca, los maullidos comenzaron a hipnotizarnos. Todo el ambiente se convirtió en un desfile psicodélico de colores y objetos moviéndose como jamás soñé en mi peor delirio.

À un certain moment, quand le lari-lari fut proche, les miaulements commencèrent à nous hypnotiser. Toute l’atmosphère se transforma en un défilé psychédélique de couleurs et d’objets en mouvement comme jamais je n’avais rêvé dans mon pire délire.

En lo máximo de los delirios apareció el lari-lari, caminando con soltura felina sobre una viga del techo. Era un gato negro, flaco hasta los huesos, sucio, tuerto y maloliente. Maldita sea mi suerte. Pues en él reconocí al gato de la loca Clotilde.

Au plus haut de mon délire le lari-lari apparût, marchant lentement sur une poutre du plafond. C’était un chat noir, maigre jusqu’à l ‘os, sale, avec un oeil puant. Le chat démoniaque allait être ma perte. Je reconnus en lui le chat de la folle Clotilde.

El felino infernal nos hipnotizaba con sus horribles maullidos y el cadencioso movimiento de su cola, impidiéndonos movernos. Liuca lloraba de impotencia, alucinada con el letárgico baile de muerte.

Le chat infernal nous hypnotisa avec ses miaulements horribles et le mouvement cadencé de sa queue qui bougeait. Liuca pleurait d’impuissance, délirant dans une léthargie de danse de mort.

El lari-lari se acercó al niño sin que pudiéramos hacer nada, y lentamente bajó la cola, enrollándola en su cuello. Entonces comenzó a ahorcalo, el rostro del bebe anciano hizo una mueca de asfixia, y tras unos instantes de eterna e inútil lucha… lo mató.

Le lari-lari s’approcha de l’enfant sans que l’on puisse rien faire et lentement abaissa la queue, l’enveloppant autour de son cou. Puis il commença à s’accrocher, le visage du vieux bébé fit une grimace d’étouffement et après quelques instants de lutte interminable et inutile… il le tua.

Al completar su faena dio media vuelta se fue tranquila y lentamente. Meneaba su mortal cola mientras Liuca y yo permanecíamos inmóviles e impotentes. El bebe anciano se encontraba tirado en el camastro con un cadavérico tono azul sanguinolento en el rostro.

Quand il eut terminé son travail, il s’en retourna lentement et calmement. Sa queue mortelle s’agitait encore pendant que Liuca et moi restions immobiles et impuissants. Le vieux bébé était allongé sur le lit, le visage de la couleur bleue cadavérique. 

Cuando al fin pudimos movernos Liuca se arrojó en desespero a los pies de su niño, llorando desconsolada. Aquella sería una muerte de la cual nadie sabría nunca nada en el pueblo maldito de Yawar Pampa.

Quand enfin nous parvînmes à bouger, Liuca se jeta désespérée aux pieds de son enfant, pleurant, inconsolable. Ce serait une mort dont personne ne saurait jamais rien dans la ville maudite de Yawar Pampa.

Tras intentar consolar en vano a la madre centenaria, marché a mi casa en silencio, con la conciencia atormentándome el alma.

Après avoir essayé de consoler vainement la mère centenaire, j’allais chez moi en silence, ma conscience tourmentant mon âme.

À suivre chapitre 14 : « Los condenados » : « Les Condamnés ».

logo fond noir petit Brigitte Crespo

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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