22 août/Actualités/Rencontre avec la légende/YAWAR PAMPA/TIERRAS DE SANGRE/Edgar W. Sandoral Yugar/Chap 11 : « La chola sin cabeza »…

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Anasillage, Mille Mondes et Ricochets vous convie sur un chemin de légende ténébreux qui raconte la terre et nous immerge avec délice dans la cosmogonie andine. Yawar Pampa : la découverte d’une transmission orale de la tradition par une grand-mère à son petit-fils. Yawar Pampa de l’auteur brésilien Edgar W. Sandoval Yugar : chapitre 11 : « La chola sin cabeza», « la femme sans tête »…

Le terme Yawar Pampa ou » plaine de sang » fait référence à la ville maudite et à son peuple maudit décrit de ce recueil de légendes.  Au texte original suit une traduction en italique dont vous pardonnerez l’approximation. 

Chapitres précédents : 1/J+33 ; 2/J+38 ; 3/J+41 ; 4/J+45 ; 5/J+51 ; 6/J+55 ; 7/8 août ; 8/12 août ; 9/15 août ; 10/17 août.

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Chapitre 11 : « La chola sin cabeza », « la femme sans tête ».

El día previo a los fatídicos hechos que relataré más adelante era el cuarto de mi estadía en Yawar Pampa. Yo había sido enviado a alimentar a una vieja que enloqueció por llegar a ese lugar maldito, y aún me encontraba algo triste por lo sucedido pero tranquilo, ignorante de que esa tranquilidad se disiparía rápidamente. Me dijeron que la loca en cuestión había estado gritando mi nombre todo el día, por lo que me mandaron a averiguar lo que quería con el pretexto de la comida.

Avant les événements fatidiques rapportés plus tard, le quatrième jour de mon arrivée à Yawar pampa, j‘avais été envoyé pour nourrir une vieille femme qui était devenue folle dans ce foutu endroit, et j’étais encore triste de ce qui était arrivé, mais calme, sans savoir que cette tranquillité se dissiperait rapidement. Ils me dirent que la folle en question avait crié mon nom toute la journée, ils m’envoyèrent pour savoir ce qu’elle voulait sous le prétexte de la nourriture.

Antes de llegar a la casa pude sentir el nauseabundo olor a excrementos humanos. Al abrir la puerta enceguecí por algunos instantes debido a la gran concentración de gases sulfurosos que lastimaban mis ojos y nariz. Todo el piso de la casa estaba cubierto de cacas y orines podridos. La vieja loca estaba agazapada en un rincón, con las polleras raídas y sucias de mierda, el cabello alborotado, mugriento y la cara manchada de excrementos. Me miró comenzó a respirar rápida y profundamente mientras acariciaba un pedazo de piel sucia, y de repente gritó.

– Túuuuuuuuu, eres túuuuu… Prepárate, esta noche vendrá la sin cabeza.

Avant d’arriver à la maison, je pouvais sentir l’odeur nauséabonde d’excréments humains. J’ouvrais la porte quelques instants en raison de l’odeur forte de concentration de gaz sulfureux qui me faisaient mal à la tête. Tout l’étage de la maison était couvert de selles et d’urines pourries. La vieille folle était accroupie dans un coin, avec les jupes effilochées et sales de merde, les cheveux ébouriffés, sale, le visage barbouillé d’excréments. Elle me regarda et commença à respirer rapidement et profondément tout en caressant un morceau de peau sale, et tout à coup elle se mit à crier. 

-Toiiiiiiiiiiiiiiiii, c’est  toiiii…Prépares-toi, cette nuit viendra la femme sans tête.

En cuanto comenzó a gritar el pedazo de piel saltó de sus brazos y caminó sobre el mar de inmundicias, pues recién pude ver que se trataba de un sucio gato tuerto. Pero esto no fue lo que me asustó, ya que fueron sus palabras las que me aterraron. Solo atiné a tirar el plato de barro y salir corriendo, llamando por Anselmo.

Alors qu’elle se mit à pleurer, elle ôta un morceau de peau de ses bras et marcha sur le tas d’ordures, puis je pus voir qu’elle se croyait être un chat sale et borgne. Mais ce n’était pas ce qui me fit peur, ce furent ses paroles qui me terrifièrent. Tout seul, je frappais l’assiette de boue et je courais, appelant Anselmo.

Le conté al jilakata lo sucedido y me dijo que seguramente la chola sin cabeza vendría esa noche, pues a veces la vieja loca profetizaba desgracias. Volví a casa en pánico.

Je racontais au jilakata (chef du village) ce qui m’était arrivé, que certainement la chola sin cabeza (femme sans tête) viendrait ce soir-là, parce que parfois la vieille folle prophétisait des malheurs. Je rentrais paniqué à la maison.

Cuando cayó la noche Anselmo regresó acompañado del indio mudo y Bernabé, todos iban armados para montar guardia. Esperamos la venida de la chola sin cabeza en un silencio que se volvió insoportable, pero aun asi no me atrevía a hablar. Transcurrieron angustiosos minutos que se transformaron en horas sin que nada ocurriera, cuando repentinamente oímos a alguien corriendo en círculos alrededor de la casa. Anselmo se puso de pie de un salto y nos mandó encender las antorchas.

– Tenemos que salir -dijo- si nos agarra en la casa nada podrá salvarnos.

À la nuit tombée, je retournais avec Anselmo qui était accompagné de l’indien silencieux et de Bernabé, tous étaient armés pour monter la garde.Nous attendions la venue de la chola sin cabeza dans un silence qui devint insupportable, mais personne n’osait parler. Les minutes angoissantes se transformèrent en heures sans que rien ne se passe, quand tout à coup nous entendîmes quelqu’un courir autour de la maison. Anselmo se leva d’un saut et nous ordonna d’allumer les torches.

– Nous devons sortir -dit-il- si nous restons dans la maison personne nous ne serons sauvés.

Salimos armados con los palos y antorchas mientras ese ser del otro mundo corría alrededor nuestro sin que pudiéramos verlo. En un momento que no pude precisar divisé el cuerpo de una mujer de pollera corriendo en mi dirección y grité.

Nous nous sommes rendus armés de bâtons et de torches, beaucoup d’êtres de l’autre monde couraient autour de nous sans que nous puissions les voir. À un certain moment que je ne puisse préciser j’ai vu le corps d’une femme en jupe courir dans ma direction et je criais.

La chola sin cabeza saltó con las manos estiradas hacia mi cuello y al alcanzarlo me tumbó al piso ahorcándome con una fuerza increíble. Pensé que había llegado mi hora final, pero Anselmo y los otros vinieron en mi ayuda golpeando con los palos el cuerpo de la chola sin cabeza.

La chola sin cabeza avec ses mains tendues frappa mon cou, me fit tomber au sol et m’y retenu avec une force incroyable. Je pensais avoir atteint ma dernière heure, mais anselmo et les autres vinrent à mon aide et frappèrent avec leurs bâtons le corps de la chola sin cabeza.

Mientras la apaleaban para soltarme pude ver el cuello cercenado de la mujer bruja. Era una visión dantesca, en su sangre putrefacta miles de pequeños anchanchus nadaban regocijadamente, hasta que notaron mi presencia y clavaron su mirada en mis ojos como miles de agujas.

Alors qu’ils la matraquaient pour me libérer je pouvais voir la sorcière au cou coupé. C’était une vision dantesque, dans son sang putréfié des milliers de petits anchanchus (esprits follet) nageaient allègrement jusqu’à ce qu’ils remarquent ma présence et plantèrent leur regard dans mes yeux comme des milliers d’aiguilles.

Los hombres no pudieron hacer que la bruja decapitada me soltara, así que optaron por sujetarla fuertemente de los brazos, con lo cual pude zafarme tras mucho esfuerzo. En cuanto me libré de sus manos un ronco y asqueroso sonido pareció salir del infame cuerpo, que luego arremetió en contra del indio mudo.

Les hommes ne pouvaient pas laisser la sorcière décapitée en liberté, donc ils choisirent de tenir ses bras étroitement, ainsi elle ne pouvait se dérober sans beaucoup d’efforts. Dès que je me débarrassais de ses mains un son rauque sembla sortir du corps infâme, puis il fustigea l’indien muet.

Intenté ayudarlos pero no pude, casi me había asfixiado y tardé mucho en recuperarme. Mientras tanto las cosas se ponían mucho peor, pues la kati-kati llegó volando para auxiliar a su cuerpo.

J’essayais de les aider mais je ne le pouvais pas, j’étais quasiment asphyxié et je mettais beaucoup de temps pour récupérer. Pendant ce temps les choses empiraient, puis la kati-kati se mit à voler pour retrouver son corps.

La cabeza de la bruja comenzó a morder a Bernabé, mientras que la chola sin cabeza estrangulaba sin remedio al indio mudo, sin siquiera percatarse de los golpes y patadas que le daba Anselmo.

La tête de la sorcière commença à mordre Bernabé, tandis que la chola sin cabeza étranglait désespérément l’indien muet, sans même remarquer les coups de pied que lui donnait Anselmo.

Al final el indio mudo murió y la bruja decapitada levantó su cuerpo en alto como si no tuviera peso, llevándolo consigo al inframundo como trofeo. La kati-kati la siguió mientras reía asquerosamente con mil voces de mujares profanas, dejándonos sumidos en el espanto y el dolor.

Au final l’indien muet fut tué et la sorcière décapitée leva son corps en hauteur comme s’il ne pesait pas, l’emportant avec elle dans le bas-monde comme un trophée. La kati-kati dégoûtante la suivit en riant avec mille voix de femmes profanes, nous laissant empêtrés dans la peur et la douleur.

logo fond noir petit Brigitte Crespo

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