15 août/Actualités/Rencontre avec la légende/YAWAR PAMPA/TIERRAS DE SANGRE/Edgar W. Sandoral Yugar/Chap 9 : « La Kati-Kati »…

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Anasillage vous convie sur un chemin de légende ténébreux qui raconte la terre et nous immerge avec délice dans la cosmogonie andine. Yawar Pampa : la découverte d’une transmission orale de la tradition par une grand-mère à son petit-fils. Yawar Pampa de l’auteur brésilien Edgar W. Sandoval Yugar : chapitre 9 : « La yawar simi», « La bouche de sang ».

Le terme Yawar Pampa ou » plaine de sang » fait référence à la ville maudite et à son peuple maudit décrit de ce recueil de légendes.  Au texte original suit une traduction en italique dont vous pardonnerez l’approximation. 

Chapitres précédents : 1/J+33 ; 2/J+38 ; 3/J+41 ; 4/J+45 ; 5/J+51 ; 6/J+55 ; 7/8 août ; 8/12 août.

Chapitre 9 : «La Kati-Kati », « La femme sans tête ».

Al amancecer desperté sobresaltado, como de un mal sueño con malos augurios y tardé un poco en tomar conciencia de mí. Me encontraba en la choza, recostado sobre aquella dura piel de oveja y cubierto con el áspecto phullu, entonces supe que todo lo que me pasó no había sido un sueño. Recordé con terror lo sucedido y tomé conciencia de toda la espantosa realidad. Encogi mi cuerpo como un niño y decidí no salir de la casa nunca más.

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Au début, je me réveillais en sursaut, comme dans un mauvais rêve de mauvaises augures et je prenais un certain temps à prendre conscience de moi. J’étais dans la hutte, couché sur cette peau dure de mouton, couvert de cette sorte de phullu (tissu coloré), je supposais que tout ce qui m’était arrivé était un rêve. 

Después de unas horas el jilakata del pueblo toco a mi puerta y tuve que controlar mis lágrimas antes de verlo. Al entrar me preguntó por qué no había ido a trabajar. Respondí que nunca más saldría de la casa y que esperaría a la muerte allí mismo.

– Si no trabajas no comes -Respondió ásperamente.

– Entonces moriré de hambre. -dije.

– Kanka. -Respondió- no puedes morir en esta ñakasqa pampa, tan solo vas a sufrir más.

– No importa.

– Sé que estas sentido por lo de la Santusa, pero debes trabajar, si no, sufriremos todavía más.

– Ya te lo dije, no me importa, no saldré más de esta casa.

– Haz lo que quieras…

Après quelques heures, le jilakata (chef ) du village frappa à ma prote et je dus contrôler mes larmes devant lui. À son entrée, il me demanda pourquoi je n’étais pas allé travailler. Je lui répondis que je ne quitterais plus jamais la maison et que j’y attendrai la mort.

– Si vous ne travaillez pas vous ne mangerez pas, répondit-il d’un air bourru.

– Alors, je vais mourrir de faim, dis-je.

Kanka (fou). – Me répondit-il- On ne peut pas mourrir dans cette ñakasqa pampa (terre maudite), tout seul tu vas souffrir davantage.

– Cela n’a pas d’importance.

Je sais que tu es ému par ce qui est arrivé à la Santusa, mais il faut travailler, sinon nous subirons tous encore plus.

– Je vous ai dit que je ne m’en soucie pas, je ne sortirai plus de cette maison.

– Faites ce que vous voulez…

Se marchó sin mirarme siquiera, entonces volví al lecho de paja u comencé a racionalizar estúpidamente, pensando en la imposibilidad de la inmortalidad, pues lo que me estaba sucediendo era una verdadera locura.

Il partit sans même me regarder, alors je retournais me coucher sur le lit de paille où je commençais à rationaliser bêtement, en pensant à l’impossibilité de l’immortalité, parce que ce qui m’arrivait était pure folie.

Nunca antes había pensado en la muerte, no era necesario, era joven y tenía mucho por vivir, mucho que hacer, tenía toda la vida por delante. Ahora me deparaba con sufrimientos impensables a cada momento y la agonía me rodeaba por doquier. Poco a poco la muerte por mis propias manos se presentó como una solución vIable, una salida razonable a los terrible tormentos que tenía que soportar. Mientras más lo pensaba, más lógico me parecía este camino. Pasé algún, tiempo mirando al vacío, con la mirada perdida, hasta que al fin el sufrimiento superó el natural miedo a morir y preferí huir de todo aquello con mi muerte, pero cómo?

Jamais auparavant je n’avais pensé à la mort, cela n’avait pas été nécessaire, j’étais jeune et j’avais beaucoup à vivre, autant à faire, j’avais toute la vie à venir. Maintenant, je me débattais en souffrances inimaginables et l’agonie à chaque instant était partout autour de moi. Peu à peu, la mort de mes propres mains se présentait comme une solution possible aux terribles tourments que j’avais à supporter. Plus j’y pensais, plus cela apparaissait un chemin logique. Je passais un moment le regard perdu dans l’espace, jusqu’à ce qu’une fin dans la souffrance finisse à vaincre la peur naturelle de la mort et je choisis de fuir de tout cela avec ma mort, mais comment?

Sabía que si no comía ni bebía agua por unos cuantos días moriría sin remedio en una agonía insoportable, así que opté por acabar con mi vida rápidamente. Busqué el cuchillo, me senté sobre el cuero de llama y con un brutal movimiento y sin pensarlo mucho corté mis venas. inmediatamente sentí una lava candente saliendo del corte y un dolor que hasta ahora nunca había sufrido se apoderó de mí. No pude aguantar más y caí desmayado.

Je savais que si je ne mangeais ni ne buvais pendant quelques jours je mourrais sans remède à une agonie insupportable, aussi je décidais de mettre fin à ma vie rapidement. Je cherchais le couteau, je m’assis sur le cuir de lama et avec un mouvement brutal, sans réfléchir je me coupais les veines. Je sentis immédiatement une chaleur qui envahit mon corps et une douleur inconnue s’empara de moi. Je ne pouvais endurer davantage et je tombais inconscient.

Al despertar me encontré en un grava estado anémico, había perdido prácticamente toda la sangre y estaba casi muerto, pero inexplicablemente seguía vivo. Estaba muy débil y con fuertes dolores en la muñeca. El piso estaba regado con toda la sangre de mi cuerpo, pero no había muerto, tan solo me había causado un terrible dolor, y tenía hambre, mucha hambre.

Au réveil, je me retrouvais dans un état anémique, j’avais perdu presque tout mon sang et j’étais presque mort, mais inexplicablement encore en vie. J’étais très faible et avec une forte douleur dans le poignet. Le sol était baigné de tout le sang de mon corps, mais je n’étais pas mort, j’avais seulement une terrible douleur, et j’avais faim, très faim.

Mi visión estaba borrosa, pero alcancé a ver sobre la mesa un plato de comida que algún ser dadivoso me había dejado. Infelizmente la debilidad dificultaba enormemente mis movimientos, y lo que eran unos dos metros de distancia se convirtieron en el trayecto más largo de mi vida. Giré sobre el camastro improvisado y caí al suelo. Muy lentamente intenté incorporarme y arrastrarme sobre la tierra, pero cada palmo avanzado era un abismo de insondable dolor.

Ma vision était floue, mais je pouvais voir sur la table une assiette de nourriture que quelqu’un m’avait laissé. Malheureusement, de par ma faiblesse mes mouvements étaient extrêmement difficiles, et ce qui était à un ou deux mètres de distance devenait le plus long voyage de ma vie. Je le tournais sur la couchette de fortune et je tombais sur le sol. Très lentement je tentais de m’asseoir et je rampais sur le sol, mais à chaque avancée c’était un abîme insondable de douleur.

Cuando estuve junto a la mesa me puse de pie en un tiempo que me pareció infinito y tomé el plato de barro. Solo entonces pude ver que en el mismo se encontraba una cabeza cercenada. Era la cabeza decapitada de una chola que me miraba fijamente sonriendo con malignidad.

Quand je me trouvais près de la table, en un temps qui me parut infini je pris le plat en terre cuite. Alors seulement, je pus voir que c’était une tête coupée. C’était la tête d’une Chola (femme habillée de façon typique bolivienne) qui me fixait en souriant méchamment.

Solté el plato y caí de espaldas aterrorizado. Entonces la cabeza se levantó del suelo con sus trenzas serpenteando en el aire y comenzó a volar riendo a carcajadas. Voló hasta mi pierna y comenzó a morder con una locura bestial mientras yo sacaba fuerzas para gritar.

Je laissais tomber le plat et retombais terrifié. Ensuite la tête se releva du sol avec ses tresses qui serpentaient dans l’air et volait en riant. Elle vola jusqu’à ma jambe et commença à me mordre avec une folie bestiale sans que je puisse avoir la force de crier.

Anselmo vino corriendo en mi ayuda acompañado de dos aldeanos armados con palos, quienes ahuyentaron la cabeza a golpes, no sin antes ser mordidos por ella varias veces. Cuando la kati-kati fue derrotada voló rápidamente fuera de la casa dando un grito aterrador. El grito parecía el de cientos de horribles mujeres gritando al unísono.

– Era la kati-kati, -dijo Anselmo- vino porque no quisiste trabajar.

– Pero por qué? -Pregunté.

– Las kati-kati son las cabezas de las brujas que tienen flojera de ir al pozo a beber agua antes de dormir. En las noches sus cabezas tienen sed y van a beber agua sin su cuerpo. Algunas veces se pierden o sus trenzas se enredan en las tholas. En la mañana su cuerpo despierta decapitado y corre a buscar su cabeza hasta encontrarla. Más tarde va a venir el cuerpo de la chola sin cabeza y vamos a tener que enfrentarlo. Es su costumbre atacar a los qhellas.

Anselmo accourut à mon secours accompagné de deux villageois armés de bâtons, qui chassèrent la tête de coups, sans être mordus à plusieurs reprises. Quand la kati-kati (femme sans tête) fut défaite elle vola rapidement hors de la maison en donnant un cri terrifiant. Le cri pouvait faire croire à des centaines de femmes qui hurlaient à l’unisson.

– C’était la Kati-Kati, -dit Anselme- elle est venue parce que vous ne voulez pas travailler.

– Mais pourquoi? Demandais-je.

– les Kati-kati sont les bêtes des sorcières qui sont trop paresseuses pour aller boire l’eau du puits avant le coucher. La nuit les têtes ont soif d’eau et vont boire l’eau sans leurs corps. Parfois, elles sont perdues ou emmêlées dans les tresses des Tholas (plante andine qui sert de carburant ou de fil à tisser). Le matin son corps se réveille décapité et elle court pour retrouver sa tête. Ensuite viendra le corps de la chola san tête et nous devrons y faire face. C’est son habitude d’attaquer en vrac.

No podía creer lo que me decían, todavía habría que enfrentarse al cuerpo descabezado de una bruja. Esto era más de lo que podía soportar, pero lo peor de todo era que no podía morir.

Je ne pouvais pas croire ce que l’on me disait, avoir affaire à un corps de sorcière sans tête. C’était plus que je n’en pouvais supporter, mais le pire de tout cela était que je ne pouvais mourir.

Los aldeanos se apiadaron de mí, trajeron comida para hacer que recupere fuerzas y curaron mis heridas.

– Ves kanka, te dijimos que no puedes morir por tus manos o las de cualquier hombre, no crees que nosotros ya lo hemos intentado?

Les villageois avaient pitié de moi, ils m’apportèrent de la nourriture pour récupérer des forces et mes blessures guérirent. 

– Tu vas devenir fou, nous t’avons dit que tu ne pouvais pas mourir de tes mains ou de tout homme, ne crois-tu pas que nous ayons essayé.

Anselmo salió de mi casa a prepararse para la guerra y me recomendó hacer lo mismo.

« El cuerpo siempre pasaba por donde estuvo la kati-kati, y la chola sin cabeza es un oponente temible y poderoso. »

– Esta noche volverá -dijo- tan cierto como que moriremos todos en este pueblo maldito.

El jilakata se marchó dejándome en un estado de pánico.

Anselmo sortit de ma maison pour se préparer à combattre et me conseilla de faire de même.

« Le corps allait toujours à l’endroit où était kati-kati, et la Chola sans tête était un adversaire redoutable et puissant ».

– Cette nuit, elle serait de retour aussi sûrement qu’il avait dit que nous mourrions tous dans cette foutue ville.

Le jilakata me laissait dans un état de panique.

 

À suivre chapitre 10 : « El jatun tinku y la maldición de Yawar Pampa ».

logo fond noir petit Brigitte Crespo

 

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