12 août/Actualités/Rencontre avec la légende/YAWAR PAMPA/TIERRAS DE SANGRE/Edgar W. Sandoral Yugar/Chap. 8/ «La yawar simi»

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Anasillage vous convie sur un chemin de légende ténébreux qui raconte la terre et nous immerge avec délice dans la cosmogonie andine. Yawar Pampa : la découverte d’une transmission orale de la tradition par une grand-mère à son petit-fils. Yawar Pampa de l’auteur brésilien Edgar W. Sandoval Yugar : chapitre 8 : « La yawar simi», « La bouche de sang ».

Le terme Yawar Pampa ou » plaine de sang » fait référence à la ville maudite et à son peuple maudit décrit de ce recueil de légendes.  Au texte original suit une traduction en italique dont vous pardonnerez l’approximation. 

Chapitres précédents : 1/J+33 ; 2/J+38 ; 3/J+41 ; 4/J+45 ; 5/J+51 ; 6/J+55 ; 7/8 août.

Chapitre 8 : «La yawar simi », « la bouche de sang ».

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En cuanto amaneció, -o más bien en cuanto clareo un poco, pues percibí que en Yawar Pampa había un permanente estado crepuscular en lugar de día- me incorporé y salí de la casa que me habían designado. Dirigí una triste mirada como saludo a los pocos aldeanos, mis compañeros malditos, y fui con Santusa, pues se suponía que debía trabajar con ella. Le hablé sobre la noche anterior e indagué al respecto de los seres que me atacaron. Dijo que eran anchanchus y que les gustaba atemorizar a los aldeanos, pero que no me matarían, pues se conformaban con asustar y lastimar un poco.

Comme le soleil se levait, -ou plutôt comme il faisait un peu plus clair, car je sentais que Yawar Pampa avait un état crépusculaire permanent à la place du jour- je sortais de la maison que l’on m’avait désignée. D’un air triste, je saluais quelques villageois, mes compagnons maudits, et j’allais avec Santusa, comme il était supposé que je devais travailler avec elle. Je lui parlais de la veille, des êtres qui m’avaient attaqué. Elle me dit qu’ils étaient des anchanchus (andins) et qu’ils aimaient terroriser les villageois, mais qu’ils ne voulaient pas me tuer, qu’ils se contentaient de faire un peu de mal.

– Anda acostumbrándote niñituy. -Dijo fríamente.

Le pregunté cuál sería mi trabajo y respondió que debía cuidar de los sembradíos de haba, justamente donde la vi por primera vez cuando llegué a ese perverso lugar.

– Qué trabajo tendré que hacer doña santusa? Pues si ya está plantada el haba, solo quedaría cosecharla, nada más.

– es que no sabes niñituy, aquí las malas yerbas crecen a la vista matando a nuestras plantas. Apenas podemos salvar algo para no morirnos de hambre.

– Está bien. Vamos a trabajar entonces.

Il faut t’y habituer niñituy (petit). – dit-elle froidement.

Je lui demandais en quoi consistait mon travail et elle me dit que je devais prendre soin des cultures de fèves, précisément à l’endroit où je l’avais vu pour la première fois.

– Quel travail dois-je faire dame Santusa? Eh bien, si vous avec déjà semé, il n’y a juste qu’à récolter, rien de plus.

– Vous ne savez pas niñituy, les mauvaises herbes poussent ici pour tuer les plantes. Nous devons faire quelque chose pour les sauver afin de ne pas mourir de faim.

– C’est bien. Nous travaillerons.

Fuimos silenciosamente en dirección de los sembradíos y en cuanto llegamos pude ver lo que me decía Santusa. La mala yerba crecía a una velocidad tan grande que podía verse como cubría las plantas de haba matándolas, pareciendo un animal furioso que crecía extendiéndose de planta en planta. Nos pusimos manos a la obra arrancando la mala yerba con las manos. Muchas ramas tenían espinos y el dolor de los pinchazos era intenso, los tallos se enroscaban lentamente en las manos mientras luchábamos por arrancarlas. En cuanto conseguíamos removerlas, unas nuevas tomaban su lugar. era una causa perdida.

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Nous sommes allé en silence vers les cultures et dès que  nous sommes arrivés je pouvais constater ce que disait Santusa. Les mauvaises herbes grandissaient à une vitesse si rapide et couvraient les plants de haricots de façon à les tuer, elles semblaient à un animal féroce qui se propageait de plante en plante. Nous devions travailler à arracher les mauvaises herbes à la main. De nombreuses branches avaient des épines et la douleur des piqures était intense, les tiges se recroquevillaient lentement dans les mains et nous nous faisions mal en les tirant. Au fur et à mesure que nous réussissions à les enlever d’autres les remplaçaient. C’était une cause perdue.

Pasados unos momentos de furiosa e intensa lucha mi compañera me abandonó diciendo que tenía que cuidar otros sembradíos, y que a partir de ahora yo quedaba a cargo de estos. Continúe trabajando pensando que no tenía caso alguno intentar salvar la plantación. Creía que tal vez era mejor morir que vivir en esas condiciones.

Après quelques instants d’une lutte furieuse et intense ma partenaire m’abandonna disant qu’elle devait prendre soin d’autres cultures, et qu’à partir de ce moment j’étais responsable de ces dernières. Je continuais à travailler en pensant qu’il n’y avait aucun moyen de sauver la plantation. Je pensais que peut-être il valait mieux mourir que de vivre dans de telles conditions.

Fueron tantas horas de trabajo intenso que dejé de pensar y mi cuerpo se movía mecánicamente como si fuera un autómata. De repente el sonido de una bella y picara risa lamó mi atención. Era una sonrisa evidentemente femenina, de una joven muchacha. Me incorporé y alcé la mirada buscándola, pues no había visto entonces a ninguna joven en el pueblo. Pensé que sería bueno tener la compañia de una hermoza zagala mientras hacía mi trabajo, pero no pude encontrar a la moza por más que buscara. Cuando ya casi desistía de hallarla, ella se levantó de entre una mata de haba sonriendo coqueta. Era una visión bellísima.

Ce furent de nombreuses heures de travail acharné, je cessais de penser et mon corps se mouvait mécaniquement comme un automate. Tout à coup, le son d’un rire magnifique et espiègle attira mon attention. C’était le rire évident d’une jeune fille. Je m’assis et je me mis à chercher et regarder car je n’avais pas vu d’autres personnes que des hommes et aucun jeune dans le village. Je pensais que ce serait agréable d’avoir la compagnie d’une belle bergère tout en faisant mon travail, mais je ne pouvais pas voir la donzelle autant que je cherchais. Quand je décidais d’arrêter, elle se leva d’entre une motte de brins le sourire coquet. C’était une belle vue.

Era una hermosa cholita de unos dieciocho años de edad, tan joven como lo supuse, tenía dos largas trenzas colgando sobre sus voluptuosos pechos, los cuales su blusa difícilmente podía disimular. Llevaba una pollera corta que dejaba ver sus morenos y firmes muslos y sus graciosas manos cubrían la boca con pudor. Era simplemente adorable. Fue la primera alegría que tuve desde que llegué a ese maldito lugar. Le llamé pidiendo que se acercara y que no tuviera miedo, pero ella me respondía huyendo pícaramente unos pocos metros.

C’était une belle fille indienne d’environ dix-huit ans, je la supposais aussi jeune, elle avait deux longues tresses qui tombaient sur ses seins voluptueux, que son chemisier pouvait à peine cacher. Elle portait une jupe courte qui montrait ses cuisses bronzées et fermes et ses mains gracieuses couvraient sa bouche avec modestie. Elle était tout simplement adorable. C’était la première fois que je la voyais depuis que j’étais arrivé dans cet endroit maudit. Je n’avais pas peur et je l’appelais pour lui demander de s’approcher, mais elle me répondit en s’enfuyant malicieusement à quelques mètres.

Lentamente me fui acercando como si fuera animalito salvaje, y poco a poco me fue tomando confianza mientras nos alejábamos más de los sembradíos. Yo le hablaba perfectamente. Al final pensé que el hecho de no quitarse la mano de la boca y no hablar podía significar que era muda.

– Eres muda? -Le pregunté.

Je m’approchais lentement comme si c’était un animal sauvage, et je gagnais peu à peu sa confiance au fur et à mesure que nous nous éloignions des cultures. Je lui parlais parfaitement. À la fin je pensais qu’elle ne pouvait enlever les mains de sa bouche et ne pouvait pas parler, qu’elle était muette.

– Vous êtes muette? Lui demandai-je?

Continuó sin responder y simplemente sonreía con una expresión que parecía llenarlo todo. No sé cómo ni cuándo, pero poco a poco su imagen pareció comenzar a aumentar de tamaño, y todo lo demás dejo de existir. Era como si el tiempo fuera más despacio, casi hasta detenerse, y su imagen era lo único que importaba.

Elle restait sans répondre et se contentait de sourire avec une expression qui semblait remplir tout l’univers. Je ne sais pas comment ni quand son image sembla commencer à devenir plus grande, et tout le reste cessait d’exister. C’était comme si le temps était suspendu, son image était tout ce qui comptait.

De repente la muchacha bajó la mano y pude ver sus hermosos labios abrirse por primera vez, pero, para horror mío, un par de enormes colmillos comenzaron a crecerle rápidamente, mostrando unas fauces terribles. Su adorable rostro se tornó en un instante en la horrorosa  catadura de un monstruo despiadado dispuesto a devorar a su indefensa presa, a mi. Yo temblaba de terror pero no podía huir, me encontraba totalmente inmovilizado por su hechizo.

Tout à coup la jeune fille baissa la main et je pus voir ses belles lèvres ouvertes pour la première fois, mais à ma grand horreur, une paire d’énormes crocs commençait à grandir rapidement, montrant une gorge terrible. Son adorable visage se transforma dans un instant en une face horrible d’un monstre impitoyable prêt à dévorer une proie sans défense, moi. Je tremblais de terreur mais je ne pouvais pas fuir, j’étais totalement paralysé par son sort.

El monstruo se acercaba lentamente hacia mí, mirándome fijamente para mantener malefício, y cuando ya creía que la muerte era casi inevitable, sentí un fuerte golpe en la nuca que me liberón del influjo de la terrible zagala.

Le monstre vint lentement vers moi, me fixant fixement pour soutenir son maléfice, et quand je pensais que la mort était presque inévitable, je sentis un coup fort sur la nuque qui me libéra de l’influence de la terrible bergère.

Aún atontado por el golpe, atiné a ver cómo mi bienhechora Santusa luchaba ferozmente contra el terrible monstruo devorador de hombres, quien tiempo después supe que era la yawar simi.

Encore étourdi par le coup, je réussis à voir ma bienfaitrice Santusa combattant farouchement contre le monstre dévoreur d’hommes, dont j’appris plus tard qu’il était la Yawar Simi (la bouche de sang).

La lucha de Santusa fue en vano. Antes de perder el sentido logré ver cómo el monstruo la hacía pedazos y se la comía en una obscena orgía de carne y sangre. Mientras me encontraba en el paroxismo del terror, me gritando para intentar salvarme, y alcancé a ver cómo los hombres del pueblo corrían mi, armados con sus herramientas de trabajo para intentar socorrer a Santusa. Después me deje ir, desmayando en medio de gritos y alaridos de dolor.

La lutte de Santusa fut vaine. Avant de perdre conscience je pus voir comment le monstre la déchira en morceaux et la mangea dans une orgie obscène de chair et de sang. Pendant que j’étais dans au paroxysme de la terreur, criant pour essayer de me sauver, je pus voir les hommes du village qui couraient, armés de leurs outils, pour tenter de secourir Santusa. Ensuite, je me laissais aller au milieu de cris et de cris de douleur.

A suivre : chapitre 9 :  » La Kati-Kati ».

logo fond noir petit Brigitte Crespo

 

 

 

 

 

Une réflexion sur “12 août/Actualités/Rencontre avec la légende/YAWAR PAMPA/TIERRAS DE SANGRE/Edgar W. Sandoral Yugar/Chap. 8/ «La yawar simi»”

  1. Hola

    Que tiempo has dedicado a tremendo a porte y hay cuantiosas cosas que no sabía que me has aclarado, esta espectacular..
    te quería devolver el espacio que dedicaste, con unas infinitas gracias, por instruir
    a gente como yo jojojo.

    Adios

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