J+55 /Actualités/PACHA, amour et sac à dos/ 28 juillet/Rencontre avec la légende/YAWAR PAMPA/TIERRAS DE SANGRE/Edgar W. Sandoral Yugar/Chap. 6/ »El primer intento de huida »…

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J+55 /PACHA, amour et sac à dos, vous convie sur un chemin de légende ténébreux qui raconte la terre et nous immerge avec délice dans la cosmogonie andine. Yawar Pampa : la découverte d’une transmission orale de la tradition par une grand-mère à son petit-fils. Yawar Pampa de l’auteur brésilien Edgar W. Sandoval Yugar : chapitre 6 : « El primer intento de huida ».

Le terme Yawar Pampa ou » plaine de sang » fait référence à la ville maudite et à son peuple maudit décrit de ce recueil de légendes.  Au texte original suit une traduction en italique dont vous pardonnerez l’approximation. 

Chapitres précédents : 1/J+33 ; 2/J+38 ; 3/J+41 ; 4/J+45 ; 5/J+51.

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Chap. 6, J+55 : « El primer intento de huida », « La première tentative d’évasion ».

Después de la charla que tuve con los hombres del pueblo mi mente empezó a divagar sin saber qué pensar al respecto. Podía ser todo aquello cierto, o tan solo eran mentiras de los habitantes del lugar? Tenia que marcharme de allí lo más antes posible, pero necesitaba viveres para el viaje, tenía que comer algo primero, también necesitaba algún guía.

Après l’exposé que j’avais eu avec les hommes du village mon esprit s’était mis à errer sans savoir que penser. Tout cela pouvait être vrai, ou était-ce des mensonges de la population locale? Je devais sortir de là le plus tôt possible mais j’avais besoin de nourritures pour le voyage, je devais manger quelque chose d’abord ; j’avais besoin aussi de quelques conseils.

Mientras pensaba la puerta tocó nuevamente, y en la forma de golpear reconoci a mi bienhechora Santusa.

– Buenos días niñituy, espero que hayas dormido bien.

– Sí, -respondí- pero quisiera saber si puedes conseguirme algo de alimento, como par unos dos o tres días.

Pendant que je pensais à cela on frappa à la porte, et la façon de frapper me fit reconnaître ma bienfaitrice Santana.

– Bonjour niñituy (petit), je vous souhaite d’avoir bien dormi.

– Oui, -je répondais-, mais pouvez-vous me dire si vous pouvez me donner de la nourriture, comme pour deux ou trois jours.

Santusa entristeció la mirada, una sombra de dolor recorrió su rostro.

– Ay niñituy – me díjo- piensas intentar escaparte, no?

Santusa avait les yeux tristes, une ombre de douleur traversa son visage.

– Oui niñituy – me dit-elle- je pense que tu vas essayer de t’échapper, non?

No supe que responder, pues había descubierto mis obvias intenciones al instante, pero no pude reconocer en ella al alguien que quisiera hacerme algún mal, así que le confesé mis planes.

– Si doña Santusa, no puedo quedarme aquí, es que tengo que trabajar en Oruro. Allí me esperan mis padres, mi mujer e hija.

– Ay niñituy, no deberías pensar en escapar, te puedes morir en el intento pues…

– Es que van a matarme si intento huir?

– No las gentes de este pueblo, es que más allá hay peligros del Mancaj Pacha, pues. Estamos malditos, aunque no te mueras, nunca vas a poder salir de aqui…

– Pero. Cómo no voy a poder salir? Es que me van a hacer prisionero? O a lo mejor. Dejarán que me pierda en la pampa?

– No, no niñituy. No vas a entender hasta que lo veas con tus propios ojos. Pero si tanto quieres escaparte, yo te lo voy a conseguir comidita, pero harto cuidate…

Je ne savais pas que répondre parce qu’elle avait découvert mes intentions qui étaient évidentes, mais je ne pouvais pas l’admettre à tous ceux qui ne me voulaient aucun mal, donc je confessais mes plans.

– Oui Dona Santusa, je ne peux pas rester ici, je dois travailler à Oruro, mes parents m’attendent, ma femme et ma fille.

– Oui, niñituy, vous pensiez à vous échapper, vous pouvez mourir en essayant…

– On va me faire mourir si je tente de m’échapper?

– Pas les gens de la ville, c’est qu’il y a des dangers au-delà du Mancaj Pacha (monde du dessous), puis nous sommes maudits, mais ne mourrons pas, vous ne sortirez jamais d’ici…

– Mais comment ne puis-je pas être en mesure de partir? Qui va me faire prisonnier? Où vais-je me perdre dans la pampa?

– Non, non niñituy, vous ne comprendrez pas jusqu’à ce que vous voyez de vos propres yeux, mais si vous voulez vous échapper je vais vous donner de la nourriture.

Con sus palabras pude constatar que tenía una aliada que podría ayudarme en algo y tuve nuevas esperanzas.

– Muy bien doña Santusa, gracias -contesté- voy a alistar mis cosas. Mientras tanto podría usted conseguirme algo de comida para el viaje?

Avec ses paroles je compris que j’avais un allié qui pouvait m’aider et j’avais un nouvel espoir.

– Très bien Dona Santusa, merci – ai-je répondu- je vais faire la liste des choses. En attendant pouvez-vous me donner de la nourriture pour le voyage?

Contestó que sí dando un triste suspiro, mientras, yo corría presuroso a alistar mis cosas. Tardé poco tiempo en arreglar mi mochila, pero la posterior espera fue insoportable. Los minutos que tardó en volver me paracieron años. Después de casi media hora, cuando pensaba que Santusa no volvería, sentí golpear la puerta. Era ella, volvía con un awayo cargado en las espaldas. Apenas entró lo puso en el suelo y lo abrió.

– Aquí está tu comida -dijo- durará para tres días. es charque con papa helada. Te lo vas a cuidar bien, aquí es muy difícil hacer charque porque los animales se nos mueren, la comida se pudre.

Elle avait dit oui avec un si sourire triste que je me mis à préparer mes affaires en hâte. Il me fallut peu de temps pour préparer mon sac à dos, mais l’attente ensuite fut insupportable. Les minutes qui suivirent me parurent des années. Après presque une demi-heure, alors que je pensais que Santusa ne reviendrait pas, j’entendis frapper à la porte. C’était elle, encore une fois avec son awayo (tissu typique) chargé sur le dos. À peine entrée elle le posa sur le sol et l’ouvrit.

– Voici votre nourriture, -dit elle- elle durera trois jours. Il y a du charque (viande déshydratée de lama  ) avec des pommes de terre froides. Tu vas en prendre bien soin car c’est très difficile pour nous, quand les animaux meurent la nourriture pourrie.

Agradecí todo lo que pude, guardé los alimentos en la mochila bendiciendo a Santusa. entonces me despedí besando su frente y dándole un abrazo. Ella me suplicó una vez más que me quedara.

– Por favor niñituy, quédate nomás, te vas a morir si te vas…

– No Doña Santusa, debo marcharme… mi familia…

Je la remerciais autant que je pouvais, je gardais la nourriture dans le sac à dos de Santusa, puis je lui disais au revoir et l’embrassais sur le front en lui donnant une accolade. Elle me pria de rester encore.

– niñituy, s’il vous plaît, restez, vous allez mourir si vous partez…

– Non Dona Santusa, je dois m’en aller… Ma famille…

Di media vuelta, abrí la puerta y enfrenté a las personas del pueblo maldito de Yawar Pampa. Al caminar por el sendero pude observar a los aldeanos trabajando en sus casas, algunos detrás de mí cosechaban los cultivos. Al lado izquierdo del camino pasteaban ovejas y llamas. Todos me miraban con tristeza.

Je faisais demi-tour, j’ouvrais la porte et j’affrontais les personnes du peuple maudit de Yawar Pampa. En marchant sur le chemin je pouvais voir les villageois travaillant dans leurs maisons, certains derrière moi étaient dans les champs. Sur le côté gauche du chemin paissaient moutons et lamas. Tout le monde me regardait avec tristesse.

Uno de los hombres que pasteaba el ganado era Anselmo, el jilakata del pueblo. Antes de que me marchara fue a hablar conmigo.

– Si vuelves trabajaras las tierras del lado del río junto con Santusa. Te daremos también una llama, dos ovejas y cuatro gallinas. Ojala puedas hacer que sobrevivan. Eso sí sobrevives tu primero.

L’un des hommes qui gardaient les bovins était Anselmo, le jilakata du village. Avant mon départ il vint pour me parler.

– Si vous travaillez la terre derrière le ruisseau qui jouxte Santusa nous vous donnerons aussi un lama, deux moutons et quatre poules. Nous espérons que vous survivrez. Si vous survivez vous pourrez revenir.

Entonces se volvió y continuo trabajando mientras sus palabras retumbaban en mi mente, « si sobrevives tú primero… » Pensé que tal vez todo era una jugarreta para cogerme tras unos pocos kilómetros, pero pensaba que no lograrían agarrarme si tomaba buena ventaja.

Puis il se retourna et continua à travailler tandis que ses mots résonnaient dans mon esprit, « si vous survivez d’abord… » Je pensais que c’était un truc pour me rattraper après quelques kilomètres, mais je pensais qu’ils ne me rattraperaient pas si je prenais une bonne avance.

Apresuré el paso y antes de salir del pueblo vi más de cerca la iglesia derruida. Más que algo santo parecía un lugar impío alejado de la vista de Dios. El cementerio incrementaba la impresión que daba, pues era muy grande para un pueblo tan pequeño ; se veía descuidado y terrorífico incluso a plena luz del día.

Je pressais le pas et avant de partir du village je vis de plus près l’église en ruine. Plus que tout autre le lieu saint semblait contre nature, oublié de Dieu. Le cimetière en augmentait l’impression car il était trop grand pour une petite ville ; il était dépouillé et effrayant, même en plein jour.

Cuando estuve a buena distancia me cercioré si me seguían, pero nada, todos continuaban trabajando tranquilamente. Al comprobarlo me tranquilicé.

Después de caminar un buen trecho me topé con otro cuerpo semi putrefacto de llama,  al igual que en el ingreso del pueblo. Esto me confundió bastante pues parecía ser el mismo animal, pero no podía ser posible, ya que la otra llama se encontraba antes del rio, y yo me había marchado por el lado contrario.

Quand je fus à une bonne distance je m’assurais de ne pas être suivi, mais tout le monde continuait à travailler tranquillement. Cela me rassura.

Après avoir marché pendant un long chemin, je suis tombé sur un autre corps putréfié de lama, comme celui de l’entrée du village. Cela me surprit assez car il semblait être le même animal, mais cela ne pouvait pas être possible puisque l’autre était avant le fleuve et j’avais marché à l’opposé.

Imaginé que los lugareños colocaban cuerpos de llamas a los ingresos del pueblo como sacrifício para ahuyentar malos espíritus, o tal vez para evitar el ingreso de la gente. Estos lógicos pensamientos me tranquilizaron y continúe la caminata para marcharme de una vez por todas de aquel horrible lugar. Un poco más allá del pueblo caí en cuenta de que los colores del ambiente eran los mismos de cuando llegué al pueblo y me estremecí. Había algo de terrorífico en ese lugar, no sabía qué, pero de pronto lo descubrí.

Je me disais que les locaux plaçaient les corps comme sacrifice pour conjurer les mauvais esprits, ou peut-être pour empêcher l’entrée de personnes. Ces pensées logiques me calmèrent et je continuais le chemin afin de quitter une fois pour tout cet endroit horrible. Au-delà du village, je réalisais que les couleurs ambiantes étaient les mêmes que lorsque j’étais arrivé dans la ville et je tremblais. Il y avait quelque chose de terrifiant à cet endroit, je ne savais pas quoi, mais tout à coup, je le découvris.

Era un silencio mortal y absoluto. No había sonidos de animales, aves o insectos ; ni siquiera el resoplido del viento podía oírse. Era algo aterrador.

Il y avait un silence de mort absolu. Aucun bruit d’animaux, d’oiseaux ou d’insectes ; même le vent ne respirait pas. J’étais effrayé.

Seguí caminando por un tiempo indeterminado hasta que no pude más. Me di cuenta de que había perdido el sendero y andaba sin rumbo. Tomé la brújula y al verla entré en desesperación, pues giraba sin parar mostrando el norte en todas direcciones.

Je continuais à marcher pendant un temps infini jusqu’à ce que je n’en puisse plus. Je compris que j’avais perdu la route et je marchais sans but. Je pris la boussole et j’entrais en désespoir, elle tourna s’en s’arrêter, elle montrait le nord dans toutes les directions. 

Intenté calmarme y paré por un momento para merendar mientras descansaba, pues estaba exhausto. Nuevamente constaté si me venían siguiendo, deseando en el fondo de mi alma que así fuera, para terminar de una vez con ese cruel tormento de incertidumbre, pero no era así. Cuando terminé la merienda comencé a caminar otra vez.

J’essayais de me calmer et je m’arrêtais un moment pour goûter le repos, parce que j’étais épuisé. Je remarquais à nouveau le silence qui me suivait, souhaitant au fond de mon âme d’en finir avec le cruel tourment de l’incertitude, mais ce ne fut pas ainsi. Quand j’eus fini de boire mon thé, je me remis à marcher.

Después de lo que me parecieron siglos vi un bulto familiar a lo lejos en el suelo y lo seguí, pero cuando llegué cerca caí de rodillas, pues era la misma llama muerta a la entrada del maldito pueblo de Yawar Pampa, sellando así mi cruel destino.

Ensuite il me parut voir une chose familière sur le sol, j’arrivais tout près pour le suivre et je m’agenouillais, mais c’était le même lama mort à l’entrée des gens du peuple maudit de Yawar Pampa, je scellais ainsi mon destin cruel.

A suivre chapitre 7 : « Desesperanza, vuelta y resignación ».

logo fond noir petit Brigitte Crespo

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