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J+29/PACHA, amour et sac à dos, Potosi, plus qu’une histoire. Cerro Rico, la montagne « mangeuse d’hommes »… Photo : Statue Alonzo de Ibanez, premier initiateur de l’indépendance américaine, le Cerro Rico derrière (Plaza 10 de noviembre.)

J+29/PACHA, amour et sac à dos, Potosi, plus qu’une histoire : le Cerro Rico...

Dimanche 2 juillet,  almuerzo avec José-Luis, Alicia et Ruth ma filleule chez Whasqa Warmis, restaurant pub culturel, calle Sucre. José Luis travaille depuis l’âge de 14 ans dans les entrailles du Cerro Rico en y ajoutant aujourd’hui l’état de conducteur pour le transport du minéral.

DSCN0415La « mangeuse d’hommes« , le Cerro Rico, un lieu sacré pour les populations de la région jusqu’à l’arrivée des Conquistadors.

Le Cerro Rico a pris depuis sa découverte en 1545 par l’Amérindien Diego Huallpa et son exploitation par les Espagnols des milliers, voire des millions d’hommes. Hommes pris sur l’Altiplano ou hommes d’Afrique (30 000 hs), esclaves soumis au travail forcé, la mita, en usage chez les incas, usage que les Espagnols colonisateurs ont tôt fait d’adopter. La « mangeuse d’hommes », Potosi, le Cerro Rico (montagne riche) : « C’est le Pérou » expression qui dit sa richesse en argent.

 

DSCN0731Argent transporté du nouveau Monde vers la Vieille Europe dans des navires nombreux comme le Galeon «Nuestra Senora de atocha», (Casa de la Moneda).

DSCN0419La « mangeuse d’hommes » a fait payer un large tribu aux hommes pour donner l’argent qu’elle avait dans le ventre. Aujourd’hui, la « mangeuse d’hommes » épuisée de son argent? Pas vraiment d’après José-Luis. Elle donne encore d’elle tout ce qu’elle a d’argent et de zinc par son ventre mais aussi par ses flancs (depuis 2008), pour une exploitation à ciel ouvert avec la mine San Bartolomé.

Cerro Rico respecté et aimé, craint également.

Le Cerro Rico, -Pachamama, mère nourricière, que l’on respecte, aime et honore-, s’est rapidement exprimé dans l’art religieux par l’intercession de Marie, mère de tous, protectrice bienveillante.

DSCN0723Marie au manteau rouge, honorée de Charles Quint (Casa de la Moneda). Marie identifiée à la montagne dans un syncrétisme religieux qui a su faire imposer la foi catholique en se substituant peu à peu (mais pas complètement toutefois) aux anciennes divinités honorées, (Casa de la Moneda, détail du tableau).

DSCN0703Dans l’obscurité du Cerro Rico ce n’est pas à Marie « Lumière » que l’on donne sa confiance pour être protégée contre tout accident ; ce n’est pas à Marie que l’on fait des offrandes. C’est Tio que l’on honore, Tio Supay, le bon oncle, le dieu de la montagne. Tio Supay, diable honoré chaque jour car il sait tous les tours et les détours de ce labyrinthe obscur qu’est la « mangeuse d’hommes« , véritable miroir de la part obscure de chaque être qui ose s’y confronter. Tio Supay, seul à connaître et à prévenir des forces contraires et maléfiques qui siègent dans le monde de dessous.

2014

Le 20 janvier 2014 un article del periodico : « el Potosi » dit les mineurs en colère qui ont manifesté en nombre à Cochabamba contre un « impôt » de trop et trop fort. José-Luis quant à lui me dit à ce moment la hiérarchisation du travail où le mineur de base est assujetti à un chef pour avoir du travail dans une organisation sous forme de coopérative. Il me dit aussi l’humidité constante de la mine qui était pour lui la pire des difficultés.

Les journaux du 22 janvier 2014 parlent aussi du Cerro Rico, de son sommet qui s’effondre alors qu’ Evo Morales s’apprête à faire son « mensaje » y un « informe » de sa gestion au commencement de la cinquième et ultime année de sa deuxième mandature. Le drapeau andin flotte avec celui de Potosi ; les « mineurs », comme José-Luis, « minent » toujours un Cerro Rico dont le faîte s’effondre, tandis que la ville, légère, toute en « alegria » s’apprête à fêter les quatre ans de son appartenance à la Bolivie en tant que Département National. 

2017

Je suis à Potosi en de mois de juillet 2017 pour PACHA, amour et sac à dos. De repos, José-Luis me parle avec gourmandise de lui, de son travail, mais il me parle surtout d’elle. Il la connaît bien la « mangeuse d’hommes », il l’aime et aime en parler et la faire connaître.

José-Luis est mineur depuis toujours, fils de mineur comme d’autres qui travaillent avec lui dans la « Cooperativa minera unificada Potosi LTDA » qui emploie à elle seule 5400 hommes (40 coopératives pour le Cerro Rico).

José n’est pas allé à l’école. José-Luis n’a pas voyagé non plus. Le seul voyage qu’il a fait en famille est un voyage jusqu’à une ville voisine. José-Luis à pour seul horizon un morceau de ciel qu’il devine et imagine dans les bons jours quand le Cerro Rico n’est pas « blanco nevada » comme aujourd’hui.

L’horizon, c’est pour lui le sommet de son Cerro Rico qui le nourrit (il gagne 2000 bolivianos/semaine et 400 bs de plus en travaillant « en entente » avec d’autres mineurs?) Le Cerro Rico, une mère qui lui assure un travail quotidien.

Cerro Rico qui veille sur Potosi ; Cerro Rico, perspective en ligne de mire dans les rues, un phare qui ramène toujours jusqu’à lui ; Cerro Rico dont la richesse de l’architecture baroque :

églises San Francisco et la Merced,

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le couvent Santa Teresa, en sont les témoignages.

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Cerro Rico, « mangeuse d’hommes » qui domine Potosi et que José-Luis me fait découvrir depuis la terrasse des anciens logements des soeurs de San Francisco, première église de Potosi, logements qu’il habite avec les siens calle Chuquisaca (Hôtel Compagnie de Jésus.)

« Mangeuse d’hommes« , la montagne a fait la richesse des hommes. Une ville s’est construite tout près d’elle, la plus grande de l’époque, plus grande que Paris même.

P1020462Une ville avec sa Maison de la Monnaie, la Casa de la Moneda, aujourd’hui musée.

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Casa de la Moneda, un véritable coffre-fort où l’argent du Cerro Rico se déversait pour y être frappé en belles pièces d’argent, (moule représentant le Cerro Rico et Potosi, Casa de la Moneda).

DSCN0738Des tonnes d’argent (de 30000 à 60000 dit-on), pesées sur des balances de taille.

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Après le repas, José-Luis, heureux de me faire partager celle qu’il aime, me montre divers objets qu’il conserve précieusement, pour certains forts anciens, comme cette lampe à gauche, que même son père mineur n’a pas pu utiliser.

Cerise sur la journée, José-Luis me donne rendez-vous mardi 4 juillet pour du « très spécial » dans les entrailles de la « mangeuse d’hommes« , pour un jour « vérité » d’après lui.   A SUIVRE…

J+7 PACHA, amour et sac à dos

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logo fond noir petit Brigitte Crespo

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