Fête du travail-1er mai-Elections-7 mai-Enfants et travail.

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1er mai, fête du travail, muguets et clochettes tirent une nouvelle fois leurs tiges du jeu pour des millions de brins odorants qui seront vendus en France pour fêter cette année Travail et élection présidentielle…

1er mai, passage de l’obscurité à la lumière ; luttes ouvrières ; jour férié en France depuis 1947.
1er mai travaillé pour les fleuristes et les vendeurs à la sauvette qui s’activent tous pour offrir du bonheur de mai.

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1er mai, deux meetings : Paris pour Emmanuel Macron, Villepinte pour Marine le Pen.

1er mai et défilés politisés où les travailleurs français seront à l’arrière-ban dans un marché du travail dont le script est écrit dans une stratégie bien rodée où personnes et nations ne peuvent que subir : Espagne, Italie, Grèce -broyée dans un 3° redressement structurel- ;  sachant que les traités européens ne peuvent être négociés -ce que l’on voudrait faire croire à la France-, à quand son tour?

1er mai des travailleurs et de notre jeunesse désabusée et ballottée entre stage et contrat précaire du C.D.I (Contrat à Durée Indéterminée), flexibilité d’embauche qui sert la haute finance de la City et de Wall Street, dont les élites servent un Léviathan, sorte de Cerbère à plusieurs têtes, lui-même au service d’un Maître jamais rassasié de puissance et de domination qu’est le Nouvel Ordre Mondial (N.O.M.)

Qu’en est-il des oubliés de la libéralisation du travail de ce nouveau monde?

Qu’en est-il des enfants oubliés dans cette course en avant?

1er mai, une pensée, un brin de muguet printanier pour les enfants.

1er mai, une dédicace spéciale pour les enfants qui travaillent.

Le travail des enfants dans le monde

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Labour (Unicef France)

Partout dans le monde des enfants sont privés d’eux-mêmes, de leur enfance, de leur dignité, de leur potentialité, de leur créativité.

Une perte impossible à chiffrer pour la communauté des hommes ; une perte que l’on ne peut mesurer sur le court terme  ni sur le moyen terme.

Des chiffres sont donnés par Unicef France : …168 millions d’enfants (11 % de tous les enfants.) 115 millions d’entre eux exercent des activités dangereuses.

Pourquoi cet état de fait- Que faire pour y remédier?

  • La pauvreté, les normes sociales, le manque d’emplois, les migrations, les urgences comme les discriminations, sont à l’origine de l’amplification du travail des enfants.
  • Des moyens sont à mettre en place : législation, réduction de la pauvreté, éducation de qualité, sensibilisation des familles et des communautés.
  • Tout reste à faire pour l’accès à l’école, à l’eau potable, à la nourriture, aux soins. Tout reste à faire pour donner aux enfants un environnement stable et sécurisé.

Des moyens à mettre en place pour un bon développement des enfants à long terme.

Cependant la mise en action et la pérennité de ces moyens sont difficiles ou menacés par manque de bonnes volontés et de moyens financiers.

Cireur, casquette et capuche orange, plaza San francisco, La Paz, janvier 2014.

« En Bolivie un million d’enfants travaillent depuis 2014 -par une loi défiant les lois de l’Organisation Internationale du Travail (l’O.I.T)-, pour moins de 4 euros par jour, de 7 à 18 hs dès l’âge de 10 ans ; dans les briqueteries, les champs de cannes à sucre, les mines (Cerro Rico de Potosi), ou exercent des petits métiers à chaque coin de rue à La Paz, à Potosi… Des cireurs, vendeurs de journaux ou de babioles, laveurs de voitures, porteurs de lourds colis et même chanteurs et danseurs improvisés travaillent le jour comme la nuit.

Pour Evo Morales, le chef de l’Etat bolivien -aux origines paysannes plus que modestes-, le travail des enfants fait partie intégrante du paysage bolivien. »

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Fillette dansant la nuit, calle Sagarnaga (centre touristique), La Paz, janvier 2013.

Enfants et familles de mineurs du Cerro Rico, Potosi, janvier 2014

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« Un peuple d’hommes éduqués sera toujours un peuple d’hommes libres.

L’éducation est l’unique moyen de sortir de l’esclavage. » Potosi, janvier 2014

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Cerro Rico, Potosi, janvier 2014

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Enfant mineur du Cerro Rico, Potosi (photo du centre Cepromin pour les mineurs)

Cerro Rico, montagne « mangeuse d’hommes » et « mangeuse d’enfants? »

La mine est la plus dangereuse du monde.

Saignée, exploitée depuis plus de 400 ans, la montagne « mangeuse d’hommes » est épuisée. Son faîte menace de s’effondrer et les mineurs risquent leur vie à chaque fois qu’ils pénètrent ses entrailles.

Pauvreté, familles désintégrées conduisent les enfants à la mine. Mais pour atteindre le minerai il faut descendre profond et les enfants travaillent dans des mines moins profondes.

Le ministère du travail a classé l’utilisation d’enfants dans les mines comme l’une des pires formes de travail des enfants en raison de ses effets sur la santé des enfants et sur leur accès à l’éducation.

Les enfants du Cerro Rico sont aujourd’hui les guides qui distribuent casques et lampes frontales aux visiteurs ; cependant des enfants cassent encore la roche, poussent et vident les wagonnets, dans un labeur épuisant et incessant…

Education des enfants de mineurs

Les familles de mineurs n’ont pas les moyens d’assurer financièrement la rentrée scolaire de leurs enfants.

Si le gouvernement atteste : « Escuala es obligatoria », il n’en est pas de même dans les faits. Le 3 février 2014, jour de rentrée scolaire en Bolivie, de nombreux enfants de Potosi vont travailler ou arpenter les rues de la « ciudad », à l’affût des autochtones et des touristes pour vendre soit « El Potosi, nourriture ou objets divers.

Potosi janvier 2014

Jeune garçon transportant des cailloux, calle Bolivar, Potosi, janvier 2014

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Fille cachant son visage, mercado central, Potosi, janvier 2014

L’habit de classe et les livres coûtent 150 euros pour l’année (1414,50 bolivianos.) Un mineur de dernière classe « un peone », gagne 800 bs/mois, dans le meilleur des cas 1000 bs/mois, une somme qui ne suffit pas à faire vivre une famille.

Mission Potosi accorde des bourses scolaires aux enfants désireux d’apprendre par le biais de parrainages.

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Betty Cruz, boursière, Potosi, janvier 2014

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Elias Chucumani Choqué, boursier, sa maman Alicia et sa soeur Ruth, Potosi, janvier 2014

L’administration de Potosi se soucie de l’école. « El Potosi »  : « El estado de las infraestructuras escolares » : La Comision de Desarrollo Humano del Concejo Municipal inspecciono differentes unidades educativas con el proposito de determinar si alguna de ellas necesitaba una intervencion urgente… »

Il devient nécessaire de voir si les établissements scolaires sont aptes à recevoir les élèves. Le problème récurrent : « los banos. »

Les maisons des mineurs de Pailaviri, San Pedro ou Rena…, ne sont pas mieux loties ; sol en terre battue, pas d’eau ni d’électricité. « Misère » s’y conjugue par tous les temps.

Mission Potosi pour Proyecto « Yachay Mosoy », a aménagé des douches et des lavabos pour les enfants qui découvrent et apprennent l’hygiène.

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Centre d’accueil du Proyecto Yachay Mosoy, Potosi, janvier 2014

Rencontre avec «  »el padre Marco »

El padre Marco qui s’occupe de Pasocap, association locale pour les enfants de mineurs m’interpelle : -« Hola, como esta, te llamado hasta manana à l’hotel. »

Nous parlons ensemble « de las hermanas », qui reçoivent en dehors de la ville des jeunes filles en difficulté et leur apprennent à tricoter.

Il me dit les impôts qui augmentent comme l’immobilier. Il est préoccupé par un projet concernant la santé par l’apport nutritionnel. D’après lui, les Potosiens ne mangeraient pas assez de « verdura. » Il dit que 12 kgs de « papas » coûtent 25 bs ; que 2 litres de lait valent 80 bs.

Je lui demande : « El présidente » Evo  Morales et un nouveau mandat? » Sa réponse est sans appel : « il sera réélu par « el campo. » Logique implacable de la Pachamama nourricière des hommes.

Carnaval, un temps pour l’oubli

Potosi se prépare à manifester une « année de labeur » en chansons, ou « Takipanacus », dans son Carnaval du mois de mars.

Le jour de mardi gras à Potosi, le fameux « Ch’alla », la « Cour-pampas » des tunnels miniers comme les usines de broyage des minéraux, ainsi que les maisons privées, les fermes, les transports et autres, recevront une reconnaissance de la puissance spirituelle de la Pachamama.

Nombre de boutiques déversent déjà dans « las calles », figurines de papier et de paille, drapeaux, rosaces, boulettes de papier, cloches…, différentes sortes de fleurs comme les longues feuilles de maïs, appelé « ATIS ».

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Préparation du Carnaval de février, Potosi, janvier 2014

Avant hier, José Luis, qui est une sorte de chauffeur pour Pasocap, me raccompagnant « del campo » et de Zangaro, m’a parlé des Potosiens qui aiment faire la fête et « boire. »

José Luis attend comme beaucoup ces quelques jours de réjouissances.

Le carnaval est un temps de délivrance pour nombre de Potosiens et de mineurs. Temps où les individualités « sautent », où la misère et la souffrance sont oubliés, comme le Cerro Rico.

Brigitte Crespo

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A Lire aussi sur Anasillage :

Sur le Nouvel Ordre Mondial : « Histoire secrète de l’oligarchie anglo-américaine », de Carroll Quigley, professeur de relations internationales, Université de Georgetown (Avant-propos : Pierre Hillard), le Retour aux Sources, 2015.

faire reculer le travail des enfants dans le monde

Unicef france

Travail des enfants : de jeunes Boliviens parlent de leur travail dans une des mines les plus dangereuses du monde

Mission Potosi

Mission Potosi HelloAsso

 

 

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